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Le parquet militaire a fait ses réquisitions ce lundi 17 juin 2019. Si des accusés s'en tirent avec 15 mois de prison avec sursis, ce n'est pas le cas pour les généraux Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé. La prison à vie, ainsi que la destitution de leur grade de généraux. C'est la substance de la réquisition que le parquet a faite contre les accusés Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé en cette fin de soirée du lundi 17 juin 2019. Dans la matinée, le parquet militaire s'est attelé à résumer les faits et à revenir sur les différents chef d'inculpations. C'est donc à l'issue d'un cheminement de plusieurs heures que le ministère public s'est prononcé sur les peines à infliger aux accusés à ce procès (voir encadré). Après les réquisitions et quelques minutes de suspension, le président du tribunal a donné la parole aux avocats de la défense. Au nom de ses pairs, Me Mathieu Somé a demandé au Tribunal d'accorder un mois à la défense pour préparer ses plaidoiries. L'avocat a également insisté sur le fait qu'ils attendent le dépôt de leurs écritures (plaidoiries des avocats des parties civiles). La parole a été donnée aux avocats des parties civiles pour opiner sur la question. Me Pierre Yanogo a affirmé ne pas comprendre cette affaire de dépôt des écritures et a donc demandé une suspension pour que les avocats des parties civiles se concertent. De retour de cette suspension, Me Ali Néya a rappelé à leurs collègues de la défense que lors d'une conférence entre eux (avocats des parties civiles, de la défense) et le président, il avait été décidé d'accorder une semaine de préparation aux parties civiles et trois jours à ceux de la défense pour se préparer. D'où son étonnement de l'attitude de leurs pairs à cette barre. C'est donc lors de cette mise au point qu'il a été convenu de la communication des écritures des avocats des parties civiles à ceux de la défense. Et comme ces derniers font un rétropédalage, alors il ne sera plus question de dépôts de quoi que ce soit. Le parquet militaire quant à lui n'a trouvé aucun inconvénient que l'on accorde un délai aux avocats de la défense. Mais que ce soit un délai raisonnable, donc pas un mois. Dans le souci du respect de l'équité dans ce procès, le ministère public a souhaité que ces derniers bénéficient du même délai d'une semaine qui avait été accordé aux avocats des parties civiles pour se préparer. Dans la foulée, Me Mamadou Sombié, avocat de Limon Jacques, a manifesté son total désaccord avec ses collègues de la défense. Pour lui, il n'est pas question de délai supplémentaire. " Moi je suis fatigué, je suis prêt à plaider même aujourd'hui », a-t-il lancé. Et d'ajouter que cela fait plusieurs mois que son cabinet est abandonné donc " il faut qu'on en finisse avec ce procès ». Séance tenante, le président du Tribunal a décidé d'accorder un délai de huit jours aux avocats de la défense, soit du mardi 18 au mercredi 26 juin 2019. Le procès reprendra donc le jeudi 27 juin 2019. Lire aussi : Procès du putsch : Le Parquet militaire requiert la prison à vie pour les généraux Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé Marcus Kouaman (kmagju [at] gmail [dot] com) Lefaso.net Les réquisitions du parquet militaire (la liste n'est pas exhaustive) 15 mois avec sursis : Commandant Aziz Korogo, Capitaine Oussène Zoumbri, Lieutenant Boureima Zagré, Sergent Nobila Sawadogo ; 5 ans de prison assorti de sursis : Colonel-major Boureima Kéré, Hermann Yaméogo, Léonce Koné, Salifou Savadogo. 2 ans de prison ferme et une amende d'un million de francs CFA : Sidi Laminé Oumar de la coordination des mouvements de l'AZAWAD ; 5 ans de prison ferme avec un million de francs CFA comme amende : Capitaine Abdoulaye Dao, Lieutenant-colonel Mamadou Bamba, Lieutenant Limon Jacques, Faiçal Nanema ; 7 ans de prison ferme : Kaboré Adama : 10 ans de prison ferme : Colonel Abdoul Karim Traoré, Me Mamadou Traoré, Adama Ouédraogo dit " Damiss », Fatoumata Diawara ; 15 ans de prison ferme : Ouékouri Kossè, Dah Sami, Ly Amadou ; 25 ans de prison ferme : Adjudant-chef-major Badiel Éloi, Adjudant-chef Moussa Nébié dit " Rambo », Sergent-chef Koussoubé Roger dit " Touareg », Sergent-chef Sanou Ali, Sergent Zerbo Laoko Mohamed, Zouré Boureima, Nebié Abdoul Nafion.
Tue, Jun 18, 2019
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Face au contexte actuel marqué par des violences et des déplacements de populations, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a organisé un atelier, le vendredi 14 juin 2019 à Ouagadougou, au profit de journalistes venus de six régions du Burkina. L'objectif était de leur faire découvrir la mission du CICR et de les outiller en couverture responsable des conflits armés. L'annonce d'un prix du reportage humanitaire a aussi été faite. On observe actuellement au Burkina Faso, des déplacements massifs de populations. " C'est une situation qui est sérieuse mais qui ne semble pas se régler malheureusement, avec l'arrivée ces derniers jours de déplacés dans la ville de Ouagadougou », a constaté le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Burkina. Ces déplacements sont liés aux violences causées par les groupes armés et certains conflits. Le contexte est alors sensible et le principe de neutralité et d'impartialité des médias est attendu. C'est à cet effet que le CICR a initié un atelier de renforcement de capacités de journalistes sur le traitement de l'information en période de crise. Les journalistes sont issus des régions du Sahel, du Nord, du Centre-Nord, de l'Est, de la Boucle du Mouhoun et du Centre. Missions et domaines d'intervention du CICR L'atelier a consisté en un rappel des règles déontologiques, après avoir fait découvrir aux journalistes les missions du CICR et ses domaines d'intervention. En effet, " notre intérêt commun, c'est qu'il y ait une mise en évidence des conséquences humanitaires pour les victimes de violences », a justifié Steven Anderson, coordonnateur communication de la Délégation régionale du CICR. Steven Anderson, coordonnateur régional communication du CICR En situation de conflit armé, " les médias doivent publier des informations impartiales, précises ; choisir avec soin le vocabulaire, considérer la source officielle comme une interprétation et non un fait, également mettre en avant les intérêts des victimes avant les intérêts de ceux qui les abusent », a rappelé le CICR aux journalistes. Récompenser le meilleur reportage humanitaire À l'issue de l'atelier, le CICR a lancé le " concours national du reportage humanitaire ». La compétition est ouverte aux journalistes radio et de la presse écrite et en ligne. Les œuvres peuvent être déposées entre le 1er août et le 30 septembre 2019. " Prévenir, alléger les souffrances des personnes déplacées du fait des violences » est le thème retenu pour cette première édition dudit concours. Les œuvres doivent se référer à la Convention de Kampala, instrument juridique d'aide et de protection des personnes déplacées internes ratifié en 2009 par le Burkina Faso. Mariam Ouédraogo Lefaso.net
Tue, Jun 18, 2019
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Le président du Faso a présidé ce 17 juin 2019 à Ouagadougou, la cérémonie de lancement des travaux de la Commission d'élaboration de la politique de sécurité nationale. La commission composée d'une équipe pluridisciplinaire de 100 membres a un délai de 100 jours pour proposer une politique de sécurité nationale et un projet de loi sur la réorganisation de l'architecture générale de la sécurité nationale. Le Burkina Faso ne disposait-il pas d'une politique de sécurité nationale ? Oui, mais une politique élaborée de façon inclusive avec toutes les composantes de la société, c'est bien la première fois. " C'est la première fois que notre pays se donne l'espace et les moyens de se doter d'une vision malgré l'ampleur inégalée des menaces sécuritaires en général et des harcèlements terroristes en particulier. J'encourage les membres de la Commission à persévérer dans cet effort historique et à s'ouvrir à des consultations populaires élargies à l'ensemble de nos régions pour répondre au mieux aux attentes des femmes, des hommes et des jeunes du Burkina Faso », dira le président Roch Kaboré. La commission d'élaboration de la politique de sécurité nationale est ainsi installée, et ses 100 membres ont 100 jours pour proposer cette politique tant attendue et un projet de loi sur la réorganisation de l'architecture générale de la sécurité nationale. C'est là un début de mise en œuvre d'une des recommandations du forum national sur la sécurité tenu du 24 au 27 novembre 2017. " Le moment est décisif car le Burkina Faso, confronté à une dégradation inédite du contexte sécuritaire, s'est engagé, de manière souveraine, à élaborer une politique de sécurité nationale par un processus consultatif inclusif qui prenne en compte les préoccupations, les attentes et les aspirations profondes des populations », a dit le président de la commission d'élaboration de la politique de sécurité nationale, le ministre en charge de la Sécurité, Ousséni Compaoré. Il a ajouté qu'il va s'agir de questionner tous les aspects de la vie de la nation : économique, alimentaire, sanitaire, environnemental, personnel, communautaire et politique, et de proposer une vision de notre sécurité nationale permettant de promouvoir notre vivre ensemble, de préserver nos valeurs et nos intérêts consensuels. Le coordonnateur de la commission est le secrétaire général du ministère de la Défense nationale et des anciens combattants, le Colonel major Naba Théodore Palé. Pour lui, l'aspect inclusif d'élaboration de la politique, vise à connaitre la perception, les aspirations, la vision de la sécurité par chaque catégorie de Burkinabè. Les ateliers qui vont suivre pourront alors fédérer les résultats des focus groupes pour tirer les conclusions. Cette méthodologie permettra d'avoir une stratégie dont la mise en œuvre sera efficace et efficiente et en laquelle les citoyens se reconnaissent. Pour le président du Faso, la politique de sécurité nationale qui sera élaborée et adoptée constitue le début d'un chantier de réformes que le Burkina doit nécessairement entreprendre. " Les stratégies nationale et sectorielles qui en découleront apporteront plus de clarté quant aux missions, responsabilités et redevabilités de chaque composante des forces de défense et de sécurité et des institutions qui les gèrent et qui les supervisent. L'objectif est de doter notre pays d'un appareil de sécurité fiable, républicain, redevable et en adéquation avec nos ressources », a expliqué Roch Kaboré. Tiga Cheick Sawadogo Lefaso.net
Tue, Jun 18, 2019
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